ALGÉRIE Comité d’organisation des socialistes internationalistes d’Algérie (COSI) Notre position…

Les révolutionnaires fondent leurs activités militantes sur des principes. Ceux-ci sont la généralisation de l’expérience des luttes des travailleurs. Il en est ainsi de la lutte pour la défense et/ou la conquête des libertés démocratiques. Elles sont indivisibles. À notre époque, celle de l’impérialisme, les libertés et droits démocratiques ne sont défendus réellement que par les travailleurs.

L’impérialisme et ses agents dans les pays dominés ne peuvent tolérer leur plein exercice car il en va de la sauvegarde de leur système fondé sur la propriété privée des moyens de production. En refusant les droits démocratiques au peuple tout entier, c’est en réalité surtout aux travailleurs qu’ils refusent le droit de s’organiser, de manifester, de faire grève, en un mot et in fine, ils cherchent à les empêcher de lutter pour leur propre pouvoir. 

Lénine à établi comme principe de s’intéresser « à tout ce qui se passe à la cour du Tsar » pour mesurer la profondeur de la crise chez l’ennemi de classe. 

Le 23 septembre à Blida s’est ouvert le procès « pour complot » de deux exresponsables des services de renseignements, du frère et conseiller de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika et de la secrétaire générale du PT. Constatons : c’est un tribunal militaire qui juge l’affaire ; il se déroule à huis clos. Du point de vue de la démocratie, un tribunal militaire est toujours une juridiction d’exception et son déroulement à huis clos met hors jeu le peuple au nom de qui pourtant on prétend « juger ». Le Hirak (mouvement populaire – Ndlr) a toujours revendiqué « la publicité » des débats pour ce procès comme pour tous ceux qui concerneront les oligarques. Il a également scandé : « État civil, pas État militaire ». Les révolutionnaires ont soutenu ces revendications sans aucune illusion sur « l’indépendance de la justice civile ». Sur ce point on ne peut être que d’accord avec Nouredine Bouderba, ex-secrétaire national de l’UGTA, qui écrit : « Le peuple doit savoir pour croire. Sans présence de la presse, le procès de Blida sera considéré comme un simple règlement de comptes. » 

Constatons enfin que dans le box des accusés se trouve la secrétaire générale du PT à qui le juge d’instruction militaire reproche de « vouloir renverser le régime » pour avoir rencontré, le 26 mars, deux de ses co-accusés Saïd Bouteflika et Toufik. Du point de vue de la démocratie, la responsable du PT n’a à rendre des comptes qu’à son parti et non à la hiérarchie militaire, sinon cela reviendrait à criminaliser l’activité politique. Le degré de démocratie d’une société se mesure aux conditions avec lesquelles celle-ci gère « ses criminels ». Sans apporter le moindre soutien politique à la secrétaire générale du PT et à celui-ci, le Comité d’Organisation des Socialistes Internationalistes (COSI) a dès son incarcération revendiqué sa libération inconditionnelle. Il réitère sa position de principe. Il continuera à agir avec d’autres, dans l’unité, dans ce sens. 

Alger, le 24 septembre 2019.