Comité international « Libérez les condamnés du procès du « Réseau » (Russie) ! »

Le 10 février, dans la ville de Penza (Russie), le tribunal militaire du district de la Volga a condamné sept jeunes anarchistes, dans le cadre de la prétendue affaire du « Réseau ».

Un meurtre avec préméditation est puni en Russie d’une peine de six à quinze ans. Mais les accusés, qui eux n’ont pas tiré le moindre coup de feu ni commis le moindre attentat, ont été condamnés à :

— 18 ans de régime sévère pour Dimitry Pchelintsev (27 ans), — 16 ans de régime sévère pour Ilya Shakursky (23 ans), —14 ans de régime sévère pour Andreï Tchernov (30 ans),
— 13 ans de régime sévère pour Maxime Ivankine (25 ans), — 10 ans de régime sévère pour Mikhaïl Kulkov (25 ans),

— 9 ans de prison pour Vassily Kuksov (31 ans),
— et 6 ans de prison pour Arman Sangynbaev (27 ans).

Les jeunes impliqués dans cette affaire du « Réseau » ont été arrêtés en 2017. Ils étaient accusés d’avoir constitué une organisation terroriste préparant des attentats pendant l’élection présidentielle et la Coupe du monde de football en 2018. L’acte d’accusation parle d’intention de « renverser l’ordre constitutionnel ».

Sur quoi reposent ces accusations ?

— Les prévenus ont subi des pressions – tout comme certains témoins. Ils ont été torturés (passés à tabac et torturés à l’électricité). Les faits de torture ont été enregistrés par des membres de la Commission de surveillance publique (1). Mais aucune poursuite judiciaire n’a été engagée contre les auteurs des tortures. — La plupart des témoignages ont été fournis par de soi-disant « témoins anonymes ».

Aussi, nous partageons pleinement la position exprimée par le Conseil du syndicat des enseignants de Russie « Outchitel’ » (2) : « Nous estimons que cette affaire a été fabriquée de toute pièce : le tribunal est utilisé pour intimider son propre peuple. (…) Nous exigeons une enquête immédiate sur les circonstances de cette affaire, un réexamen de la condamnation des accusés et que soient engagées des poursuites pénales contre ceux qui les ont torturés » (15 février 2020).

Et d’ailleurs, les autorités qui avaient dans un premier temps tenté de faire condamner les accusés en vertu de l’article du Code pénal sur « l’organisation d’acte terroriste », incapables d’en apporter la moindre preuve, ont dû se reporter à l’article relatif à la « constitution d’une organisation terroriste ». Pas la moindre preuve « d’organisation d’acte terroriste », mais en revanche, parmi les « preuves du crime », le tribunal a indiqué que l’on a trouvé chez les accusés des exemplaires du Capital de Karl Marx.

Conformément aux traditions de la solidarité ouvrière internationale, nous demandons la libération immédiate de Dimitry Pchelintsev, Ilya Shakursky, Andreï Tchernov, Maxime Ivankine, Mikhaïl Kulkov, Vassily Kuksov et Arman Sangynbaev.

Libérez les 7 détenus politiques
du procès dit du « Réseau » !
Le combat pour leur libération doit être la cause du mouvement ouvrier international !

(1) Une organisation de défense des droits de l’homme qui a le droit de visiter des détenus en prison.
(2) Syndicat membre de la Confédération du travail de Russie (KTR), affiliée à la Confédération syndicale internationale.

Les soussignés décident de constituer un Comité international
« pour la libération des condamnés du procès dit du Réseau »

Constantin CRETAN, syndicaliste mineur, anciennement condamné et détenu pour ses activités syndicales, libéré après une campagne internationale de solidarité (Roumanie)
Valentin OUROUSOV, anciennement condamné et détenu pour ses activités syndicales, libéré après une campagne internationale de solidarité (Russie)
Sadi OZANSÜ, ancien détenu politique sous la dictature du général Evren dans les années 1980 (Turquie)
Jan TESAR, militant du Printemps tchécoslovaque de 1968, ancien prisonnier politique (Tchécoslovaquie)
Felipe ZORITA, ancien détenu politique sous Franco, membre d’une association de victimes du franquisme (Etat espagnol)
Eric AUNOBLE, historien et militant syndical (France)
Cécile BRANDELY, avocate, membre du conseil syndical du Syndicat des avocats de France, SAF, à titre personnel (France)
Sabin CODARCEA, Union nationale du travail de la Vallée du Jiu (Roumanie)
Jane DOOLAN, secrétaire du syndicat UNISON d’Islington, membre du Comité exécutif national de UNISON – à titre personnel (Grande-Bretagne)
Jean-Numa DUCANGE, historien (France)
Dominique FERRE, rédacteur à La Tribune des travailleurs (France)
Youri GLOUCHAKOV, ancien militant de la Confédération des anarcho-syndicalistes (KAS), membre du Mouvement social biélorusse « Vmeste » (Biélorussie)
Daniel GLUCKSTEIN, coordinateur du Comité ouvrier international contre la guerre et l’exploitation, pour l’Internationale ouvrière (COI) (France)
Ian HODSON, président national du syndicat des travailleurs de la Boulangerie et de l’alimentation (Bakers’, Food & Allied Workers Union) (Grande-Bretagne)
Dimitry KOZHNEV, militant syndical de la Confédération du travail de Russie, KTR (Russie)
Jim LAFFERTY, ancien directeur exécutif, National Lawyers Guild (Guilde nationale des avocats), Los Angeles (Etats-Unis)
Pauna LULU-IULIAN, président du syndicat des mineurs LIGNITUL de Rovinari (Roumanie)
Jean-Jacques MARIE, historien (France)
Grigorio MIHAI-TIBERIU, président exécutif de la Fédération nationale du travail (FNM) (Roumanie)
Alberto PIAN, écrivain et réalisateur, syndicaliste CGIL (à titre personnel) (Italie)
Andreï ROUDOÏ, co-président du syndicat des enseignants « Outchitel’ », membre du Conseil central de l’Union des marxistes (Russie)
Klaus SCHULLER, syndicaliste cheminot EVG, membre du bureau national de la Commission ouvrière du Parti social-démocrate (SPD) (Allemagne)
Mark VASSILEV, historien (Russie)
Nambiath VASUDEVAN, coordinateur du Comité ouvrier international contre la guerre et l’exploitation, pour l’Internationale ouvrière (COI) (Inde)
Andreï ZAVODSKOÏ, militant syndical MPRA (Russie)

Rejoignez le Comité international : svobodu7@gmail.com

La version russe de ce document est ici.