ÉTATS-UNIS La vague des grèves enseignantes déferle sur Chicago

Ce 22 octobre, la grève des 32 500 enseignants affiliés au syndicat Chicago Teachers Union (CTU) entre dans son cinquième jour, avec une énergie et une détermination encore plus forte que lors de la grève de 2012, qui avait marqué le point de départ d’une révolte des enseignants dans tout le pays ces sept dernières années. Car contrairement à 2012, la grève a cette fois été rejointe par les personnels non-enseignants des 7 500 écoles publiques de la ville, syndiqués à SEIU* (Local 73).

« Nous luttons pour que les jeunes de Chicago aient les écoles qu’ils méritent », a déclaré Jesse Sharkey, président du syndicat CTU, énumérant les principales revendications des enseignants : augmentation des salaires, réduction du nombre d’élèves par classe, des infirmières et des conseillers dans chaque école, des enseignants spécialisés, plus de classes bilingues et la protection des enfants d’immigrés sans-papiers contre les descentes de police.

Les piquets de grève devant les écoles sont massifs, preuve du fort soutien des parents et de la population. La maire démocrate, Lori Lightfoot, qui représente les employeurs dans les négociations, avait bénéficié pour son élection du soutien des enseignants de Chicago, car elle avait promis d’augmenter le financement public des écoles et d’enrayer le phénomène qui voit de nombreux élèves finir en prison. Une fois élue, elle a annoncé qu’il n’y avait pas d’argent pour satisfaire les revendications des grévistes, argument catégoriquement rejeté par les syndicats CTU et SEIU. Une autre grande différence avec 2012, c’est que, cette fois, la grève est soutenue par la direction nationale de la Fédération américaine des enseignants (AFT), qui a créé une caisse nationale de grève. 

La rédaction du journal ouvrier The Organizer (octobre 2019)

_________________________

* Service Employees International Union (Union internationale des employés des services).