CHINA La majorité des dirigeants d’entreprises ont adopté des mesures de mise au chômage, transferts de postes, ou réductions de salaires

Rapport n° 8 

CHINE 

Auteur : une ONG ouvrière (1) – Date : 5 janvier 2021 

1/ Quelles sont les conséquences de la crise sanitaire pour la population – surtout pour la classe ouvrière ? Quel est l’impact de la covid sur l’emploi ? Combien d’emplois ont été perdus ? 

La majorité des dirigeants d’entreprises ont adopté des mesures de mise au chômage, transferts de postes, ou réductions de salaires. Ils ont retardé le paiement des salaires et imposé le chômage partiel. Des salariés se sont vus forcés de démissionner. Le niveau et la qualité de vie ont été très durement touchés. 

2/Peut-on disposer des chiffres des morts chez les travailleurs en général et particulièrement chez les travailleurs de première ligne y compris les médecins et les autres personnels hospitaliers ? 

Des statistiques officielles incomplètes montrent que jusqu’au 8 avril 2020, 60 travailleurs de la santé sont morts dans la lutte contre la pandémie. Certains ont été malade de la covid-19, d’autres sont morts d’autres symptômes dus à l’épuisement et d’autres ont été victimes d’accidents du travail. Leur âge varie de 12 à 72 ans. Sur les 60 décès, 22 sont directement dus à la covid19, et 28 sont morts d’épuisement, de crise cardiaque et autres. Il est inquiétant de constater que les décès dus à l’épuisement sont plus nombreux que ceux dus à la covid-19. 

3/ Quelles ont été les mesures prises par le gouvernement pour faire face à la pandémie, et celles qui n’ont pas été prises ? Des réductions de salaires ont elles été imposées par les patrons et les gouvernements ? 

Voici les mesures prises par le gouvernement et les dirigeants d’entreprises: 

  • 1) Limiter ou interdire les marchés, les loisirs et tout autre rassemblement 
  • 2) Arrêter la production, le commerce, fermer les établissements scolaires, 
  • 3) Fermer ou arrêter les usines de traitement des eaux, de production alimentaire et secteurs qui leur sont liés. 
  • 4) Contrôler ou abattre tout le bétail et toutes les volailles contaminées 
  • 5) Fermer tous les lieux susceptibles de propager le virus 
  • 6) Réduction directe ou indirecte des salaires. Travail partiel imposé sans salaire ou réduction au minimum vital par la direction. 

4/ Quelles sont les nouvelles attaques lancées contre les droits des travailleurs et la démocratie par les patrons et les gouvernements qui ont profité de la pandémie durant cette année ? 

La majorité des dirigeants d’entreprises ont adopté des mesures de mise au chômage, transferts de postes, ou réductions de salaires. Ils ont retardé le paiement des salaires et imposé le chômage partiel. Des salariés se sont vus forcés de démissionner. Le niveau et la qualité de vie ont été très durement touchés. 

5/ Depuis des années, le nombre de travailleurs du secteur informel ne cesse d’augmenter. Il faut que le combat contre le travail précaire amène le mouvement syndical a réfléchir a l’organisation de ces travailleurs. Ceux qui travaillent dans le secteur informel paient très cher la crise sanitaire. Dans quelle situation sont-ils depuis mars 2020 ? À quelles réactions cela a-t-il donné lieu ? 

Ces dernières années, le secteur d’état et le programme de rationalisation industrielle ont eu pour conséquence un énorme accroissement du chômage. De plus, il y a un surplus de millions de travailleurs migrants venus des campagnes. Beaucoup d’entre eux n’ont pas pu trouver d’emplois décents et comme ils ne peuvent pas bénéficier d’indemnités de chômage ou ne touchent que peu d’indemnités, ils n’ont pu trouver que des emplois temporaires ou précaires ou de marchands ambulants pour arriver à survivre. En plus des emplois qui ne demandent pas ou peu de capital de départ et de qualification, il existe d’autres possibilités de travail qui exigent des compétences et davantage d’investissement comme le travail de tailleur, la réparation de voitures, le transport et autres. Les niveaux les plus élevés concernent les professionnels qualifiés comme les docteurs, les experts-comptables, les ingénieurs et les architectes. 

6/ Ce sont les femmes qui ont été le plus touchées. Ce sont elles qui sont les premières a perdre leur emploi, les dernières a être réembauchées lorsque leur entreprise rouvre ses portes. Il leur a fallu prendre en charge les enfants privés d’école. Avec le confinement, les violences domestiques ont augmenté. Quelle forme cela a-t-il pris ? Quelles ont été les mobilisations pour défendre les droits des femmes travailleuses ? 

À cause du confinement, l’isolement des familles donne lieu à beaucoup de cas de violences domestiques. En plus de la fermeture des usines, les réunions de familles ou les réunions entre amis ne peuvent pas se dérouler à la maison sans obtenir la permission des autorités. 

Les femmes victimes de violences domestiques doivent immédiatement porter plainte auprès de la police locale. Si une femme ne peut pas se rendre en personne à la police pour cause d’isolement ou pour toute autre raison, un proche peut le faire pour elle. Une fois la plainte déposée, il faut qu’elle reçoive un traitement médical et qu’une enquête soit menée. Il faut qu’elle conserve tous les témoignages et établisse un compte rendu avec photos. La victime peut également s’adresser au voisinage pour qu’on lui porte secours, ou s’adresser aux bureaux de la fédération des femmes. Elle peut aussi réclamer du tribunal une décision portant mesure de protection. 

Selon une note du Bureau de la Sécurité sociale et des Ressources Humaines de Pékin, dans le cas où une femme doit s’occuper de ses enfants parce que leur école est fermée et que son conjoint est de service, son employeur ne peut pas lui refuser un congé, ne peut pas lui infliger une diminution de salaire et ne peut pas la renvoyer pour absence. 

7/ Avec les nouvelles technologies, les capitalistes démantèlent les relations au travail, restructurent les entreprises et détruisent les emplois. Quelles sont les conséquences et quelles menaces pèsent sur les relations au travail dans la période qui vient ? 

Le télétravail n’est pas régi par la législation actuelle. Il n’existe pas d’horaires de travail fixes, ce type de travail n’est soumis à aucune réglementation. En cas de conflit, les autorités tendent à refuser d’intervenir. Maintenant, ce qui devient la norme c’est que le capital utilise la technologie de pointe pour exploiter et contrôler les salariés. En conséquence, les salariés sont dans l’obligation d’obéir aux volontés des capitalistes et de dépendre d’eux. 

8/ Quelles positions ont pris les organisations de travailleurs et leurs directions ? Quelles étaient les revendications ? Quelle a été leur attitude par rapport aux plans élaborés par les patrons et les gouvernements ? 

L’organisation en défense des travailleurs est décidée à défendre les droits des travailleurs selon la loi et ne souhaite pas avoir recours à la violence. Le patronat cherche toujours à éviter d’assumer les responsabilités imposées par la loi, cherche à réduire les salaires et pousser les travailleurs à démissionner soit en les mettant au travail partiel soit en les obligeant à prendre des congés par roulement. 

Il faut que l’organisation en défense des travailleurs mette à profit ses connaissances et son savoir-faire pour informer les travailleurs. 

L’organisation en défense des travailleurs s’adresse au gouvernement pour améliorer la politique pour que les cotisations aux assurances sociales ne soient diminuées uniquement pour les entreprises mais aussi pour les travailleurs.  

(1) Forme d’organisation en partie tolérée par les autorités