INDE Manifestation contre le CAA (1) en Inde

Shaheen Bagh (Delhi) : « We the people of India reject CAA, NPR, NRC« 

Le gouvernement Modi n’en a pas fini avec l’amendement de la loi sur la nationa­lité. Il refuse tout dialogue avec ceux qui s’y opposent. Ce qui signifie que le BJP (2) veut revenir sur la garantie assurée par la constitution que le droit à la nationalité en Inde n’est pas déterminé par la religion.

Dans les circonstances actuelles en Inde, la loi Modi ne peut être abolie que de deux façons. Soit par la Cour Suprême de l’Inde, soit par le pouvoir du peuple.

L’opposition au CAA s’élargit. Jusqu’à ces derniers jours, c’était principalement les étudiants et la société civile qui s’oppo­saient au CAA. Maintenant les partis d’op­position ont franchi une étape et exigent que Modi retire la loi.

Actuellement plus de 150 requêtes contre le CAA ont été portées devant la Cour Suprême de l’Inde où une audition sur ce sujet s’est tenue le 22 janvier au cours de laquelle la Cour a donné quatre semaines au gouvernement pour s’expli­quer.

Aujourd’hui, 26 janvier, est le jour de la célébration de la création de la République en Inde. L’invité d’honneur était Bolsona­ro, Président du Brésil. Que Bolsonaro soit l’invité d’honneur a déclenché de nouvelles protestations contre Modi.

Des États comme ceux du Kerala, du Punjab et du Rajasthan ont officiellement décidé de ne pas appliquer la loi fédérale. Le Bengale Occidental, le Telengana, le Madhya Pradesh, et le Chhatisgsarh ont déclaré s’opposer au CAA. Le Maharashtra va peut-être suivre leur exemple.

Partout la résistance populaire monte car on craint que le CAA ne soit que le premier pas vers la création d’un État fondé sur la religion, ce qui détruirait le caractère laïque de la constitution. Le peuple est décidé à s’y opposer.

Aujourd’hui, au Kerala, 7 millions de personnes ont récité le préambule de la constitution indienne et se sont engagées à défendre la constitution indienne fondée sur la laïcité, le socialisme, la justice, l’éga­lité et la fraternité pour tous les citoyens. 7 millions de personnes, hommes, femmes, enfants, hindouistes, musulmans, chrétiens, de toutes les castes et de tous les groupes sociaux sont sortis pour former une chaine humaine de 650 kilomètres de long.

Dans la ville de Dehli, à Shaheen Bagh, le long d’une importante section d’un grand axe de circulation, des femmes, surtout musulmanes, organisent l’occupa­tion du site nuit et jour depuis quarante jours. Aujourd’hui à Shaheen Bagh, un énorme de rassemblement s’est tenu avec les participants récitant le préambule de la constitution.

À Dehli aujourd’hui, nous tenons une réunion sur les travailleurs précaires surtout ceux qui travaillent pour la compa­gnie Reliance Electric. Leurs principaux militants ont été arrêtés en janvier 2018 au prétexte qu’ils avaient eu des contacts avec le parti maoïste interdit. Le gouvernement Modi a fait arrêter plusieurs militants en utilisant ces allégations. Une réunion orga­nisée par l’OIT (3)doit se tenir à Dehli les 27 et 28 avec des organisations indiennes pour étudier les conditions de travail pré­caires des travailleurs migrants dans diffé­rentes régions de l’Inde.

Nambiath Vasudevan,
coordonnateur du Comité ouvrier international contre la guerre et l’exploitation, pour l’Internationale ouvrière

1/ CAA : Amendement à la loi sur la nationalité qui vise à faire des non hindouistes, en particulier des musulmans, des citoyens de seconde zone, voire des apatrides.
2/ BJP : Bharatiya Janata Party, la formation poli­tique du Premier Ministre Modi, parti de droite, nationaliste hindou
3/ OIT : Organisation internationale du Travail