PAKISTAN Le gouvernement du PTI (Mouvement du Pakistan pour la Justice) se conforme à la ligne politique de l’impérialisme U.S. de privatisation des entreprises d’État au Pakistan.

Le gouvernement fédéral décide de privatiser 49 entreprises sur les cinq prochaines années. La décision a été prise lors d’une session de la Commission Permanente de l’Assemblée Nationale pour les Privatisations. 

Le Ministère des Privatisations déclarait que 15 entreprises avaient été retirées de la liste des privatisations et huit lui avaient été ajoutées. 

Le Pakistan est en pourparlers avec une demi-douzaine de sociétés de Russie et de Chine pour prendre la direction de PSM (Usines de Sidérurgie Pakistanaise) sous le statut de partenariat public-privé et porter la production de 1,1 million à 3,5 millions par an. 

La Commission a été informée qu’à ce jour, les pertes combinées de la compagnie aérienne nationale PAI et de PSM s’élevaient à environ 600 milliards de roupies dont 400 milliards pour la seule compagnie aérienne. 

Le gouvernement actuel obéit sans discuter à l’impérialisme US et suit à la lettre les accords signés avec le FMI et la Banque Mondiale. 

Les pertes actuelles de la sidérurgie s’élèvent à un total d’environ 200 milliards de roupies. Le Ministre en charge de la privatisation a déclaré que le gouvernement avait décidé d’inclure PIA et PSM dans la liste. 

Il a expliqué : « La sidérurgie sera vendue aux termes d’un partenariat public/privé afin de porter sa capacité de production de 1,1 millions de tonnes par an à 3, 5 millions. » 

Cependant, parmi une douzaine ou plus d’entreprises publiques, la PIA a été retirée de la liste du programme de privatisation gouvernemental et le gouvernement fait des efforts désespérés pour faire de la compagnie aérienne nationale une entreprise rentable. 

Il a expliqué ensuite que d’ici un an et demi, le gouvernement allait céder sept autres entreprises publiques au privé, qui sont la SME Bank Cie, la First Women Bank Cie, la centrale électrique Balloki d’une capacité de 1 223 millions de watts, la centrale Haveli Bahadur de 1 230 millions, la Mari Petroleum Cie (en retirant les actions restantes), le centre de Congrès Jinnah d’Islamabad, les mines de charbon Lakra (devenues Lakra Coal Development Company) et Services International Hotel à Lahore. 

Le projet de privatisations est en fait un vaste plan de stipulations (autrement dit, conditions expresses) qui doivent être remplies. Son plan de changements déplorables comprend la création de l’Autorité de Régulation du Pétrole et du Gaz (OGRA) et la division de WAPDA (Agence publique de distribution d’eau et d’électricité) en une multitude de compagnies de fourniture d’électricité, la levée du contrôle des prix, l’alignement des prix du POL (pétrole pakistanais) sur ceux du marché international, l’alignement de la Roupie sur le Dollar US ce qui expose la monnaie à de constantes dévaluations, la fin des subventions sur les produits de première nécessité et liberté donnée aux acquéreurs des entreprises d’État de rapatrier leurs bénéfices sur les bourses étrangères. 

Dégâts et catastrophes dus aux privatisations 

Les conditions et les conséquences du programme de privatisation sont préjudiciables aux plans économique, social et même politique tant pour l’État que pour la population. La population souffre du chômage et elle est dans l’incapacité chronique de faire face aux augmentations constantes du coût de la vie, de la nourriture, de l’électricité, du gaz, des transports, des dépenses d’éducation. L’appauvrissement général de la société entraîne l’accroissement de la corruption, des vols et des suicides. 

Lorsque The News s’est adressé au Ministre des Privatisation, celui-ci a déclaré que le gouvernement avait retiré de la liste des privatisations 15 entreprises y compris les entreprises de la sidérurgie PSM et la PIA, ajoutant que pour que la sidérurgie soit gérée sous le régime du partenariat public/privé, le Ministre de l’Industrie et de la Production mettrait ce processus en œuvre après discussion avec les entreprises chinoises et russes. Le département des transports aérien travaille également d’arrache-pied pour restructurer la PIA. 

Il a déclaré que d’autres entreprises avaient été retirées de la liste du programme de privatisation telles que la National Bank of Pakistan, la Banque de Développement Industriel (IDBL), la TCP (Société de Commerce du Pakistan), la PSO (la Compagnie Pétrolière du Pakistan), la SNGPL (Compagnie des Gazoducs du Nord Sui), la SSCG (Compagnie des Gazoducs du Sud Sui), la CAA (Autorité de l’Aviation Civile), USC (la Compagnie des Magasins de Produits Généraux du Pakistan), la NHA (l’Autorité des Routes Nationales), la Société de métallurgie du Pakistan, la NCL (Société de Construction Nationale), la PCP (Compagnie d’Impression du Pakistan) et les chemins de fer pakistanais ainsi que les infrastructures, ateliers et usines rattachés aux chemins de fer. 

Dans une deuxième phase, a-t-il ajouté, une liste de 41 entreprises supplémentaires devaient être privatisées, cela dit, les ministères et départements concernés seraient consultés pour avis sur les privatisations. 

Cette attaque ne vient pas seulement de ce gouvernement. La classe ouvrière subit déjà les attaques des capitalistes y compris avec les députés aux niveaux fédéral et d’État. Les manifestations et actions de protestation contre la privatisation des entreprises d’État ont commencé partout au Pakistan. Le WAPDA, les banques et les compagnies d’assurances se dressent sur notre route. 

La Fédération des cheminots de l’APTUF a d’ores et déjà décidé d’organiser une manifestation à partir de Lahore, Karachi, Quetta et Rawalpindi dans la semaine qui vient. 

La classe ouvrière proclame qu’elle combattra contre la politique antiouvrière du gouvernement qui met toujours plus de milliers d’ouvriers au chômage. 

Dans son discours, Imran Khan a dit qu’il allait créer 50 millions d’emplois pour les chômeurs mais, au lieu de créer des emplois, les entreprises licencient des milliers de travailleurs chez Honda, Suzuki Motors, Orient et autres entreprises du secteur privé. Sous le drapeau de la confédération APTUF, nous sommes prêts à nous battre pour redonner force à l’inspection du travail, mettre en application le code du travail et mettre un coup d’arrêt à la privatisation des entreprises.  

Correspondant