ALGÉRIE Incendie d’une maternité à Oued Souf « En finir avec cette politique et le régime qui la met en œuvre »

Huit nouveau-nés sont morts dans un incendie qui s’est déclaré dans une maternité à Oued Souf. D’autres bébés ont été blessés. Cela a provoqué une grande émotion dans tout le pays. Dans cette ville du sud, les citoyens sont sortis dans la rue pour exprimer leur colère, leur indignation et leur écœurement. Le ministère de la Santé a cru bon de relever de leur fonction le directeur de l’hôpital et le responsable régional de la santé. Le ministre, lui, est resté en place. 

À travers ces décisions, le ministère a voulu circonscrire « ce crime » à des défaillances individuelles et locales. Mais est-ce pour autant la vérité ? Absolument pas (…). Voici ce que déclare le docteur Mrabet, responsable du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP) : « Les structures hospitalières sont vétustes, et les normes de sécurité incendie ne sont pas prévues dans les cahiers des charges. » Les véritables raisons sont donc ailleurs. Il y a moins d’an an, le ministère a fait adopter « à la hussarde » une nouvelle loi sur la santé par l’Assemblée populaire nationale (APN) (…).

Le projet reposait sur un principe recommandé par le FMI et la Banque mondiale : rendre rentable ce secteur en pratiquant « la vérité des prix », en limitant l’acquisition et le renouvellement du matériel, en gelant les projets de construction d’infrastructures sanitaires particulièrement dans les zones du sud et de l’intérieur du pays, en contenant, enfin, le recrutement du personnel nécessaire (…). Peut-on faire confiance à ce régime, qui se prépare à mettre en œuvre d’autres recommandations du FMI et de la Banque mondiale dans « le cadre d’un plan d’ajustement structurel new look » qui touchera tous les secteurs de l’économie nationale avec le même objectif, « recoloniser » tout le pays ? La réponse est assurément non ! (…) 

Pour en finir avec cette politique anti-ouvrière et antinationale, il faut en finir avec le régime qui la met en œuvre en obéissant à l’impérialisme. Cette politique, le régime veut la prolonger en organisant sa continuité à travers l’élection présidentielle le 12 décembre, confisquant ainsi le droit souverain du peuple à décider pour lui-même (…). Que les organisations syndicales et ouvrières rompent avec tous les fronts qui les associent aux avocats de la bourgeoisie et de l’impérialisme, ensemble réalisons notre unité, mettons en place nos comités populaires et de citoyens dans les usines, les universités et dans les quartiers, coordonnons-nous à tous les niveaux, organisons le boycott de l’élection, préparons la grève générale pour en finir avec le régime. Battons-nous pour la convocation et l’élection de l’Assemblée constituante souveraine, pour la satisfaction de toutes les revendications démocratiques et sociales, pour un gouvernement d’unité des travailleurs et de leurs organisations. Les militants du Comité d’organisation des socialistes internationalistes (COSI) luttent là où ils sont sur cette orientation qui s’est concrétisée à Béjaïa ce 24 septembre.  

Extraits de l’éditorial de Minbar el Oummel (Tribune ouvrière), numéro 36, 25 septembre 2019, la publication du Comité d’organisation des 

socialistes internationalistes d’Algérie (COSI).