PAKISTAN APTUF (All Pakistan Trade Union Federation) La décision prise par l’Inde de révoquer l’article 370 n’est rien d’autre qu’un chapitre de plus dans la longue histoire d’oppression impérialiste subie par le Cachemire

L’All Pakistan Trade Union Federation (APTUF) a tenu un meeting de protestation pour la libération des habitants du Cachemire des attaques du parti extrémiste le BJP. Ce sont plus de 500 travailleurs qui se sont réunis pour lancer des slogans contre les exactions perpétrées par le gouvernement Modi à l’encontre des femmes, des enfants et des jeunes du Cachemire avec son décret surprise qui met fin à l’autonomie accordée aux États du Jammu et du Cachemire en échange de leur adhésion à l’union indienne après l’indépendance en 1947. 

Madarpur, août 2015, après des tirs de mortier

S’adressant aux travailleurs rassemblés, Rubina Jamil, Anwer Gujjar, Mirza Zafar, Malik Humanyun, M. Ilyas, Saeed Gujjar, Ashraf ont affirmé notre protestation et notre condamnation des autorités indiennes qui ont établi un véritable état de siège sans précédent dans la région en coupant toutes les communications, en restreignant la liberté de mouvement et en mettant des figures politiques connues du Cachemire en résidence surveillée. 

La décision du gouvernement de révoquer l’article 370 de la constitution de l’Inde qui assurait à l’État à majorité musulmane sa propre constitution et son indépendance dans tous les domaines sauf les affaires étrangères, la défense et les communications, est sans aucun doute la décision politique la plus grave prise en soixante-dix ans à l’égard de cette région contestée. Cependant, ni la décision du gouvernement indien d’imposer un gouvernement direct de New Dehli, ni ses tentatives de faire taire les revendications des habitants du Cachemire à la liberté et à la dignité ne sont une nouveauté. 

Les orateurs ont rappelé que les discriminations que subit encore la majorité musulmane du Cachemire sont apparues dès le gouvernement des Sikhs. A l’époque, si un Sikh tuait un indigène, il était puni d’une amende de 16 à 20 roupies du Cachemire, payable au gouvernement sur lesquelles étaient prélevées 4 roupies pour la famille de la victime si celle-ci était hindoue et seulement 2 roupies s’il s’agissait d’un musulman. 

Dans son discours, Rubina expliqua que la résistance ouvrière contre les Dogras commença dès 1865 lorsque les tisseurs de châles du Cachemire se soulevèrent pour obtenir de meilleures conditions de travail. La répression de la révolte par le régime fut brutale et durant les trois décennies qui suivirent ce mouvement de protestation, le nombre de tisseurs tomba de 28 000 à 5 000. Cependant, malgré les reculs, les ouvriers du Cachemire continuèrent à se battre pour leurs droits ; en 1924, des ouvriers d’une fabrique de soie de Srinagar se mirent en grève pour obtenir de meilleures conditions de travail. 

Tandis que la situation des ouvriers du Cachemire était déplorable sous le gouvernement des Dogras, elle ne s’améliora pas après le départ de la Grande Bretagne du sous-continent indien et la partition de l’Inde coloniale en deux État-nations. 

L’affaire de Maqbool Bhat en donne un exemple. Il fut une des membres fondateurs du Front de Libération du Jammu Cachemire et un des organisateurs de la lutte armée pour la libération du Cachemire. Il fut traqué et pendu par l’État indien mais l’État du Pakistan fit aussi tout pour empêcher Maqbool d’organiser ce mouvement de libération du Cachemire qui ne visait pas à attirer la région dans la zone d’influence du Pakistan. 

En dépit de tous les efforts des forces impérialistes pour les faire taire et les soumettre, les habitants du Cachemire se battent depuis des centaines d’années pour l’auto-détermination. Aujourd’hui, les efforts impérialistes pour contrôler cette vallée se poursuivent même si, de façon ironique, cela se fait sous la bannière du nationalisme. La décision de l’Inde de révoquer le statut spécial du Jammu et du Cachemire n’est ainsi rien d’autre qu’une attaque impérialiste éhontée de plus. 

Au pire, le 5 août 2019 restera dans les mémoires comme un chapitre supplémentaire s’ajoutant à la longue histoire de l’oppression impérialiste sur le Cachemire. Au mieux, cette dernière attaque contre la dignité d’un peuple d’une patience à toute épreuve marquera pour les habitants du Cachemire, le début d’une ère de résistance sans précédent de lutte pour la liberté. 

A la fin du meeting, les travailleurs lancèrent des slogans contre Modi et se dispersèrent. 