MAROC Après la mort tragique de 8 personnes à Taroudant Catastrophe naturelle ou politique ?

Dans ce pays, les pauvres gens, souvent les jeunes perdent leur vie à chaque fois qu’il y a inondation, tremblement de terre, … à chaque fois qu’il y a un incident ou une catastrophe « naturelle ». 

S’agit-il vraiment de catastrophes naturelles ou plutôt de catastrophes politiques ? 

Après quelques semaines de la mort tragique de plus de 40 jeunes candidats à l’immigration « clandestine » dans la mer de Kenitra, c’est le tour cette semaine d’une autre tragédie (naturelle) dans la région de Taroudant au sud du pays qui a causé la mort d’au moins 8 personnes et fait plusieurs disparus. 

La colère règne dans toute la population ! 

En effet, ce mercredi 28 août 2019, une crue subite d’une rivière a entraîné la mort d’au moins sept personnes (huit selon les dernières informations) et plusieurs disparus, d’après les autorités locales. Un incident survenu dans la commune d’Imi Ntiyaret, dans le douar de Tizert, province de Taroudant (Sud) en fin de journée, alors que plusieurs familles étaient rassemblées aux abords d’un stade construit sur le lit de la rivière, annonce l’agence de presse MAP. 

Parmi les victimes du drame, figure un jeune de 17 ans. Toujours d’après la MAP, un des rescapés de l’inondation a été admis à l’hôpital de la municipalité d’Igherm. Il souffrirait de blessures à degrés divers de gravité. Des sources locales, citées par plusieurs médias, font à présent mention de sept personnes portées disparues. Toutefois, aucun communiqué officiel à ce sujet n’a été publié. Les recherches se poursuivent ce jeudi. 

Qui est le responsable de cette tragédie ? 

C’est juste au mois de juillet dernier que les autorités locales ont inauguré de nouvelles infrastructures au niveau du stade, plusieurs personnes avaient alerté quant à son emplacement au bord du lit de la rivière. Le 15 juillet, un internaute alertait déjà sur l’emplacement du terrain: “les averses qui surviennent dans cette région montagneuse peuvent tout détruire sur leur passage”. 

La construction du terrain de foot dans le lit d’oued est également au cœur de toutes les interrogations. 

Un rapport du gouvernement a débouché sur une discussion portant sur la possibilité de créer “une direction centrale au niveau du ministère de l’Intérieur chargée de la gestion des risques de catastrophes naturelles”. 

Lors de sa réunion, le gouvernement s’est également penché sur “l’encadrement réglementaire de l’appropriation publique des ressources hydrauliques”. Khalfi, porte-parole du gouvernement, a précisé que les mesures annoncées ont pour but “de ne plus reproduire ce qui est arrivé” à Imi Ntirayet. 

Le seul responsable c’est le gouvernement. 

Alors qu’année après année, des centaines de millions de Dirhams sont enlevées du budget national pour servir les intérêts de la dette extérieure, qu’année après année, le gouvernement fait des coupes budgétaires dans les budgets sociaux, que les services publics se dégradent et se détruisent année après année par la privatisation et la délégation déléguée… des régions toutes entières se sont privées de toute infrastructure et équipement (hôpitaux, écoles, terrains et stades de sport… etc.). Le gouvernement est responsable de cette tuerie, le gouvernement détient toute la responsabilité de cette tragédie. 

Le bulletin Tribune des travailleurs, édité par des militants et des travailleurs partisans du Comité ouvrier international (COI) au Maroc, adresse ses condoléances aux familles de nos frères morts dans cette tragédie, et demande une intervention immédiate pour juger tous les coupables de cette tragédie.