ÉTATS-UNIS Bruits de bottes

Nous publions des extraits de l’éditorial du journal The Organizer (mai 2019), édité aux États-Unis par les militants associés aux campagnes du Comité ouvrier international contre la guerre et l’exploitation, pour l’Internationale ouvrière (COI).

Les tambours de la guerre se font entendre de plus en plus fort aux États-Unis. 

Parmi toute une série, de plus en plus importante, de provocations lancées par les États-Unis contre l’Iran, le département d’État vient d’ordonner à « tous les personnels diplomatiques dont la présence n’est pas indispensable » de quitter l’Irak avec l’argument que « les services de renseignement des ÉtatsUnis ont appris que l’Iran prépare des frappes sur les forces des États-Unis stationnées en Irak »

Ces déclarations suivaient de près la décision du gouvernement américain de déployer quatre bombardiers, ainsi que le porte-avions USS Abraham-Lincoln et les navires d’appui dans le golfe persique, car, selon un responsable du département d’État, on disposait de renseignements « indiquant que l’Iran faisait transporter des missiles balistiques à courte portée pour les stationner dans la région » (…). 

En même temps que cette déclaration, le secrétaire d’État, Mike Pompeo, annonçait que les États-Unis s’apprêtaient à envoyer 120 000 soldats dans la région « pour contrer les plans terroristes de l’Iran ». C’est, grosso modo, le nombre de militaires américains qui furent envoyés en Irak dans un premier temps pour prétendument empêcher le régime de Saddam Hussein de déployer ses « armes de destruction massive » contre les États-Unis et leurs alliés – un mensonge éhonté. 

Un responsable de l’administration Trump expliquait au New York Times (14 mai), sous couvert d’anonymat, que John Bolton, conseiller national à la Sécurité, qui avait appuyé l’invasion de l’Irak et qui avait tenté d’inciter George W. Bush à attaquer l’Iran, « voulait pousser l’Iran à engager le combat contre les forces américaines afin de justifier une riposte militaire » (…). Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, donne un soutien sans réserve à ces préparatifs de guerre menés par les États-Unis (…). 

La guerre menée ici, dans notre pays, par les deux grands partis, démocrate et républicain, contre la classe ouvrière est d’une brutalité extrême. Dans son budget 2020, Trump prévoit 750 milliards de dollars de dépenses par le Pentagone. Pour leur part, les démocrates prévoient de réduire ce budget à 733 milliards. Dans les deux cas, il s’agit d’un budget militaire record (…). 

Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, ne cesse de répéter qu’instaurer un système de sécurité sociale fondé sur la solidarité « coûterait trop cher », alors qu’elle ne dit pas un mot du budget de guerre qui bat tous les records. 

Gabriel Torres, professeur au Los Rios Community College de Sacramento (Californie), membre de la Fédération des enseignants de Californie, expliquait dans The Organizer (…) : « Il est impossible de répondre financièrement aux besoins de la population de ce pays, en commençant par un enseignement public de qualité, si on n’opère pas des coupes importantes dans le budget militaire qui représente environ 60 % du budget annuel. Mais les démocrates, à quelques très rares exceptions, ne s’opposent pas à l’augmentation du budget de guerre. Ils sont l’un des deux partis jumeaux de la guerre financée par le complexe militaro-industriel et au service de Wall Street. » 

Torres ajoutait : « C’est la raison pour laquelle notre tâche principale, en tant que militants lutte de classe, est de nous battre pour que nos syndicats rompent avec les démocrates et construisent leur propre parti ouvrier, en lien avec les organisations locales et les militants noirs et latinos. » 

Ce qui est à l’ordre du jour, c’est la construction de mouvements de masse de front unique contre les interventions militaires américaines à l’étranger, avec une participation croissante du mouvement ouvrier. 

Washington : la police entre dans l’ambassade du Venezuela ! 
Dernière minute : la police de Washington a pénétré dans l’ambassade du Venezuela pour y arrêter les quatre militants antiguerre qui s’y trouvaient, violant de ce fait la souveraineté du Venezuela ainsi que le droit international et les lois des ÉtatsUnis. Un appel à une manifestation a été lancé en urgence pour ce samedi 18 mai, à Washington.