Lettre d’invitation pour une rencontre européenne de travailleurs et de jeunes en défense des systèmes de retraites, de l’emploi et des services publics.

Strasbourg, le 11 mai 2019 – meeting internationaliste contre les privatisations, la déréglementation et le travail précaire sous la banderole : «Cette Europe n’est pas la nôtre !»

Cher(e)s camarades, 

Il y a près d’un an, se tenait à Strasbourg un meeting internationaliste contre les privatisations, la déréglementation et le travail précaire (11 mai 2019) sous le mot d’ordre : «Cette Europe n’est pas la nôtre !». La conclusion du meeting a été d’appeler à dresser dans chaque pays l’acte d’accusation de la politique de privatisation impulsée par l’Union Européenne, à diffuser les informations sur la résistance des travailleurs et de la jeunesse dans chaque pays et sur cette base, de convoquer une nouvelle rencontre européenne de travailleurs, militants ouvriers et jeunes en 2020.

Depuis un an, nous constatons l’aggravation chaque jour des politiques anti-ouvrières dans chacun de nos pays. Dans le même temps, nous voyons les mobilisations qui expriment massivement la résistance ouvrière à ces politiques.

Ainsi, tous les travailleurs d’Europe regardent avec intérêt les grèves et manifestations en France contre la réforme des retraites voulue par Macron. Dans notre pays, en Belgique, nous avons fait échouer la tentative de faire passer la pension à points, mais nous savons que ce projet est toujours en préparation. Nous combattons contre l’âge de la retraite à 67 ans décidé par le précédent gouvernement, lequel s’est inspiré de l’« exemple » allemand qui découlait lui-même des recommandations de la Commission européenne. 

Dans le domaine de l’emploi industriel, l’Union européenne continue à organiser l’effondrement. En Allemagne, par exemple, les travailleurs de l’ex-entreprise d’État AWE, à Eisenach, privatisée en 1990 et rachetée par Opel, puis vendue récemment à la société PSA, combattent l’exploitation et les menaces de fermeture du site où travaillent encore 2.500 ouvriers (contre 10.000 avant la privatisation). En Belgique, le secteur automobile a été durement touché par les fermetures d’Opel-Anvers et de Ford-Genk, sans oublier Renault-Vilvorde. Sur les sites qui restent, les travailleurs d’Audi-Bruxelles se battent contre la précarité de l’emploi tributaire des aléas de la production. A Volvo-Gand, le droit de grève a été remis en cause via des licenciements de délégués syndicaux. Comme le dit une syndicaliste d’Opel-Eisenach, « nous avons tous un avenir commun, les mêmes difficultés et la même volonté de combat. Ne nous laissons pas diviser ni utiliser les uns contre les autres ».

La politique de privatisation des services publics est en réalité une politique de destruction des services publics. Par exemple, en Italie, les coupes budgétaires devraient être facilitées par la régionalisation de l’enseignement, de la santé, des services publics, des contrats et statuts nationaux, des infrastructures… jusqu’à permettre aux régions un rapport direct avec l’Union européenne. En Belgique, nous connaissons les mêmes enjeux et nous constatons que l’école publique est attaquée à un tel point qu’à présent, les élèves se révoltent pour obtenir ici des toilettes propres, là des équipements pour apprendre les techniques.

En partant de cet aperçu des politiques en faveur de la classe capitaliste, nous estimons nécessaire de nous rassembler pour la défense des conquêtes ouvrières et de l’indépendance des organisations ouvrières, pour l’Europe unie et fraternelle des travailleurs et de la démocratie.

Nous lançons une invitation à une rencontre européenne de travailleurs et de jeunes pour échanger sur ces trois thèmes : la sauvegarde des systèmes de retraites, de l’emploi et des services publics. 

Nous vous proposons de nous réunir en Belgique, à Liège, le samedi 2 mai 2020, de 10h30 à 17h.

Dans l’attente de cette rencontre, nous vous transmettons nos fraternelles salutations. 

Liste des signataires au 13/2/20 : Gaëtan Coucke, enseignant ; Toni Bernardi, sidérurgiste retraité ; Lionel Briké, enseignant ; Toni Delli Gatti, enseignant, Roberto Giarrocco, pour le Comité Unité ; Serge Monsieur, syndicaliste services publics ; Brice Rener, enseignant ; Anne Vanesse, présidente de la Maison de la Famille W. Peers, Echevine socialiste honoraire ; Philippe Ferdinande, syndicaliste fonction publique Bruxelles ; Véronique Lorge, déléguée CGSP alr Bruxelles (à titre personnel) ; Claire Thomas, déléguée CGSP enseignement Bruxelles (à titre personnel) ; Jean-Marc Deconinck, syndicaliste enseignant ; Philippe Massenaux, employé ; Emmanuel Dal Cortivo, enseignant ; Geneviève Druart, enseignante ; Abdelmajid Chaoui, enseignant ; Françoise Cambie, formatrice ; Camille Pieron, syndicaliste enseignante féministe ; Laura Moraga Moral, syndicaliste enseignante ; Jacques Allard (Kessel-Lo).