GUADELOUPE Appel de l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG)

Pointe-à-Pitre, le 20.03. 2017

Aux Organisations ouvrières et démocratiques.

Chers Camarades,

Le Secrétaire général de l’UGTG, Éli Domota, a été convoqué en octobre dernier à la gendarmerie de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), où il lui a été notifié une plainte « pour violence en réunion », déposée par un cadre dirigeant de BMW, propriété du président du Medef Guadeloupe.

Un procès aura lieu le 31 mai 2017 Pointe-à-Pitre.

Une nouvelle fois on s’en prend notre organisation syndicale pour essayer de nous faire taire.

Malgré la farouche répression orchestrée en représailles la vaillante grève générale de 44 jours en 2009, ils n’ont pas réussi nous faire courber l’échine.

Encore une fois, il s’agit d’une volonté manifeste de criminaliser l’action syndicale et de diaboliser l’UGTG. Ces attaques interviennent au moment même où l’UGTG :

–  dénonçait le licenciement par BMW de la quasi-totalité de notre section syndicale et de notre délégué pour avoir utilisé son portable, pour avoir parlé créole à son supérieur et pour avoir pris trop de temps pour accomplir des actes professionnels et cela après 13 ans d’ancienneté ; et cela sans l’autorisation de l’inspection du travail.
À ce jour, aucune poursuite du parquet malgré le procès-verbal de l’inspection du travail.

–  dénonçait le fameux pacte pour l’emploi des jeunes signé entre le gouvernement, les collectivités et le MEDEF Guadeloupe, qui combine exonération totale des charges et financement des salaires sans aucune contrepartie la charge des patrons.

–  dénonçait le refus du MEDEF toutes négociations en branche en Guadeloupe notamment sur les salaires.

– réaffirmait son engagement pour une Guadeloupe libre, souveraine et indépendante débarrassée de la domination capitaliste et colonialiste.

Ces attaques interviennent aussi au moment où l’État et le patronat, main dans la main, lancent une offensive visant intégrer les syndicats dans le processus d’éradication des conquêtes sociales par la fameuse rénovation du dialogue social à laquelle l’UGTG à refusé de participer.

L’État et les patrons veulent faire appliquer sans contestation, leurs réformes de refonte à la baisse des conventions collectives, faire disparaître le Code du travail et singulièrement le droit de grève, veulent abattre toutes les libertés fondamentales, refusant dans le même temps toutes négociations de branche. Tout cela au nom de cette fameuse paix sociale et de la compétitivité des entreprises.

L’UGTG réaffirme que se battre pour l’indépendance des syndicats, c’est défendre les travailleurs, c’est s’opposer aux licenciements et aux abominations dont ils sont victimes, c’est lutter pour la défense des droits et garanties des larges masses.

L’UGTG réaffirme que le pacte travail-capital n’a pas pour objectif l’allégement des régressions sociales imposées par l’État et le patronat, mais l’éradication d’un syndicalisme indépendant, de lutte de classe et de confrontation sociale.

L’UGTG réaffirme qu’à travers cette plainte, c’est la liberté syndicale, le droit pour les travailleurs de disposer d’organisations syndicales indépendantes qui est visé.

C’est pourquoi nous vous demandons d’informer tous ceux qui luttent pour la défense des libertés syndicales et singulièrement les militants du mouvement ouvrier démocratique.

Au nom de la solidarité ouvrière, au nom de la démocratie, au nom du droit des Travailleurs de Guadeloupe et de leurs organisations syndicales qui luttent pour leurs légitimes revendications, nous faisons appel votre soutien et votre solidarité sous la forme que vous jugerez utile, notamment en interpellant Mr Jean-Jacques URVOAS – Garde des Sceaux – Ministre de la justice – 13 Place Vendôme – 75042 PARIS, avec copie à l’UGTG.

Recevez, Chers Camarades, nos salutations militantes.

Pour l’UGTG,

Maïté HUBERT-M’TOUMO,

Secrétaire générale adjointe de l’UGTG

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