La fameuse application chinoise TikTok, que tous les jeunes connaissent bien – ils sont 1,2 milliard d’utilisateurs dans le monde –, est dans le collimateur des États-Unis. Les parlementaires américains, tant démocrates que républicains, s’apprêtent à voter son interdiction aux États-Unis sous prétexte de « sécurité nationale ». Interdiction soutenue tant par Biden que par Trump.
L’Union européenne suivra-t-elle Washington ? Déjà en France, le chef d’état-major des armées s’est aligné, déclarant à l’Assemblée nationale :
« L’application TikTok(…) est une arme informationnelle » (opex360.com, 16 mars).
Les campagnes américaines contre la Chine et ses marchandises redoublent, sous prétexte de « sécurité nationale ». On se souvient d’un « ballon espion chinois » qui avait survolé les États-Unis. Pourtant, quelques mois plus tard, Washington avait discrètement reconnu qu’il s’agissait d’un ballon météo… qui ne pouvait rien espionner du tout ! Auparavant, Trump avait interdit les téléphones de la marque chinoise Huawei sous le même prétexte d’espionnage.
La pression sur la Chine ne cesse de se renforcer. Sans parler des risques d’escalade militaire en mer de Chine où croisent des porte-avions américains et autres navires de guerre de l’OTAN au large des côtes chinoises.
Pourquoi une telle pression ? La réponse a été donnée, en décembre 2023, par la secrétaire américaine au Trésor (la ministre de l’Économie), Janet Yellen : « La Chine devrait s’éloigner de son approche de l’économie fondée sur l’État dans les secteurs de l’industrie et de la finance.»
Cela fait cinquante ans que les entreprises américaines font des affaires en Chine – avec la bénédiction du Parti communiste chinois et sa politique d’« ouverture au marché » –, réalisant des bénéfices faramineux.
Le président chinois et secrétaire général du Parti communiste, Xi Jinping, a assuré que « la modernisation de la Chine offrira davantage d’opportunités aux entreprises américaines».
Mais pour l’impérialisme américain, cela ne suffit plus. Il veut maintenant en finir avec l’économie nationalisée et s’emparer du grand marché chinois de 1,4 milliard de consommateurs pour y œuvrer enfin « en toute liberté ». Quitte à déclencher, s’il le faut, une guerre mondiale.
Alain Denizo



