PALESTINE Ces ONG, ces médias et ces institutions qui accusent l’État d’Israël et ses commanditaires américains
Revue de presse
Malgré deux mois d’intense propagande officielle, difficile aujourd’hui de masquer la réalité du génocide du peuple palestinien. Nombre d’ONG, de médias et d’institutions – certains traditionnellement favorables à Israël – sont aujourd’hui amenés à reconnaître la réalité et à mettre en accusation l’État d’Israël et ses commanditaires américains.
Léo Cans, chef de mission à Gaza pour Médecins sans frontières (MSF), affirme : « On est en train de bombarder une population civile de manière disproportionnée et indiscriminée. On le voit par la nature des blessures des patients qui arrivent dans les hôpitaux, dont plus de la moitié sont des femmes et des enfants (…). Nous travaillons actuellement dans deux hôpitaux de Gaza : dans les dernières vingt-quatre heures, à l’hôpital Al-Aqsa, on a reçu plus de morts que de blessés. Et chaque jour on descend un peu plus dans l’horreur, dans le cauchemar » (France Inter, 8 décembre).
Pour Avril Benoît, directrice exécutive de MSF, les premiers responsables sont les États-Unis,
qui, en continuant « à fournir un soutien politique et financier à Israël, qui poursuit ses opérations militaires malgré les lourdes pertes civiles », sont « complices du massacre » (9 décembre).
Même constat, fait cette fois ci d’un éminent diplomate du ministère des Affaires étrangères français, Yves Aubin de La Messuzière : « Joe Biden court le risque d’être associé à une politique génocidaire » (L’Humanité, 10 décembre).
« Génocidaire » : comment pourrait-il en être autrement lors que le Programme alimentaire mondial de l’ONU reconnaît que « neuf ménages sur dix à Gaza passent des jours et des nuits sans manger, certains pendant dix jours le mois dernier. Et 97 % n’ont pas assez de nourriture », rapporte France Info (11 décembre) qui relaie le cri d’alarme de Bisan Owda, jeune journaliste de Gaza : « Nous allons mourir ici à cause de la faim. Ils ne nous tueront pas, ils ne paieront même pas les bombes qui nous tueront : nous mourrons tout seuls ! »
Encore plus inhabituel, cet éditorial du journal Le Monde (9 décembre) qui s’en prend directement à l’État d’Israël et aux États-Unis. Par leur veto au Conseil de sécurité, « les États Unis, isolés, ont fait en sorte que le châtiment infligé par Israël envers une population tout entière se prolonge. Leur humanité attendra. » Quant à l’État d’Israël, Le Monde souligne : « Le droit à se défendre est devenu ce lui de tout détruire. Le bilan (…) est sous les yeux de qui veut bien le voir : la mort partout, des hôpitaux à l’agonie, le dénuement et l’errance de centaines de milliers de Palestiniens poussés comme du bétail par les injonctions israéliennes d’une partie de Gaza vers une autre, puis vers une troisième. »
Conclusion de cette « institution » de l’ordre mondial qu’est Le Monde : « Qu’Israël se perde dans cette guerre n’est, hélas, pas une surprise tant elle est le reflet de sa dérive (…). Alors que les bombes qu’il fournit à Israël continuent de labourer Gaza sans épargner les civils, Washington peut-il croire que ces semailles de fer puissent produire autre chose sur cette terre ensanglantée qu’une haine inextinguible ? »
