EUROPE Le bulletin n°1 du Comité de liaison européen contre les privatisations, la déréglementation et le travail précaire est paru

Düsseldorf, 11 juin 2019

Cher (e) s camarades,

Il y a un mois, le 11mai, nous nous sommes réunis à Strasbourg pour un meeting internationaliste.

Aujourd’hui nous vous présentons le premier numéro du Bulletin d’information du Comité de liaison européen contre les privatisations, la déréglementation et le travail précaire.

Nous appliquons ainsi la décision prise lors du meeting de Strasbourg, et rappelons les engagements pris à Strasbourg :

  • Rédiger dans chaque pays un acte d’accusation contre les privatisations ;
  • Faire circuler un bulletin – sous la responsabilité des camarades allemands avec des informations sur la résistance des travailleurs et jeunes de chaque pays.
  • Sur cette base, créer les conditions de la tenue dans quelques mois d’une nouvelle Conférence ouvrière européenne de militants ouvriers et jeunes.

Nous joignons à ce bulletin d’information la résolution adoptée par le meeting et commençons la série de bulletins par un tour d’horizon après les élections du 26 mai au « Parlement » de l’UE (voir ci-après).

Comme contribution à l’acte d’accusation contre les privatisations, vous lirez un important document concernant la discussion qui se développe à Manchester et Liverpool sur la renationalisation des lignes ferroviaires régionales.

Nous y ajoutons les premiers éléments de discussion internationale concernant Amazon.

Nous vous prions de faire parvenir à l’adresse suivante: europliaisonkomitee@gmail.com tous les documents à publier dans les prochains bulletins d’information du « Comité européen contre les privatisations, la déréglementation et le travail précaire »

SOMMAIRE 
1. Presentation p. 1 
2. Strasbourg 11 mai 2019 pp. 2-3 
– Résolution adoptée par le meeting internationaliste. 
– Le résultat des elections du 26 mai 2019 : Le rejet de l’Union européenne des privatisations, de la déréglementation et du travail précaire. 
3. Acte d’accusation contre les privatisations : p. 4 
Annulation de la privatisation de Northern Rail 
4. Dialogue européen propos d’Amazon : pp. 5-6 
– Messages aux travailleurs et travailleuses d’Amazon dans toute l’Europe 
– Amazon et Deliveroo collaborent pour surexploiter les travailleurs 
– Union locale des TUC de Durham : « Nous souscrivons 300 % votre lettre »


Le résultat des élections du 26 mai 2019, c’est le rejet de l’Union européenne de la privatisation, de la déréglementation et de la précarité.

Deux semaines après que 600 militants et jeunes réunis à Strasbourg pour un meeting internationaliste ont adopté à l’unanimité une résolution déclarant que « cette Europe n’est pas la nôtre », se sont tenues les élections au « Parlement » de l’Union européenne. Indépendamment des positions particulières que certains des participants peuvent avoir, nous avons précisé notre position commune : « Les travailleurs ne peuvent compter que sur leurs propres forces ! À la politique européenne de privatisation, de déréglementation et de précarité, nous opposons la défense des conquêtes ouvrières et la défense de l’indépendance des organisations ouvrières ! À l’Union européenne des privatisations, de la déréglementation et de la précarité, nous opposons l’Europe unie et fraternelle des travailleurs et de la démocratie. » 

Plus d’un quart de siècle après l’entrée en vigueur du traité de Maastricht, les élections ont montré que la population ouvrière et la jeunesse d’Europe n’attendent rien d’autre des institutions de l’Union Européenne que des coups redoublés et des attaques accrues contre leurs conquêtes. 

Aussi, rien d’étonnant à ce qu’en moyenne la moitié des électeurs inscrits aient boudé les urnes. Le taux de 1999 est certes de nouveau atteint, mais reste bien en deçà de ceux des deux décennies précédentes. 

■ Même le vote obligatoire en Belgique, en Grèce, en Italie et au Luxembourg ne relève pas cette moyenne de façon significative. 

■ Dans les états d’Europe de l’Est ayant « adhéré » à l’UE depuis 2004, la participation qui oscille (excepté en Lituanie) entre 45,6 en Pologne et 22,7 en Slovaquie, est bien en dessous de la moyenne européenne. 73% des inscrits de Bulgarie ne se sont pas déplacés pour élire ce « Parlement » de l’UE. 

■ Au Portugal, victime des diktats d’austérité, le taux de participation n’atteint même pas les 31%. 

■ En Grande-Bretagne, dont la population se voit refuser le droit de quitter l’UE, plus de 63% n’ont pas participé au scrutin. 

■ Aux Pays-Bas, dont est originaire la « tête de liste » du groupe social-démocrate, seuls 41,9% se sont déplacés pour aller voter. 

■ Et pourtant ces élections, surtout quand elles avaient lieu le même jour que des scrutins nationaux ou locaux, ont abouti à ce que les masses infligent un désaveu cinglant aux gouvernements nationaux. Il en est ainsi pour le gouvernement Tsipras en Grèce, qui met en œuvre contre le referendum du peuple le diktat des mémorandums. Tsipras et son parti Syriza sont contraints après la défaite d’annoncer des élections anticipées. 

■ Le gouvernement belge Michel, contre lequel étaient dirigées de nombreuses grèves, perd 1/4 de ses sièges au Parlement. 

■ En Allemagne, les élections européennes ont été artificiellement boostées, puisque dans 9 des 16 Länder avaient lieu en parallèle les élections communales, et à Brême les élections régionales au Landtag. Les partis de la Grande Coalition CDU-SPD subissent une défaite, et la direction du SPD est responsable du score le plus bas qu’ait connu ce parti dans l’histoire. Il tombe à 15,8% (moins 11,4 points) et perd à Brême la majorité qu’il détenait depuis 73 ans. La présidente du parti a dû démissionner le 27 mai. Maintenant, de plus en plus de travailleurs et de jeunes exigent : Rupture du SPD avec la Grande Coalition. 

■ En Italie et en Hongrie, où les dirigeants populistes de droite et ultra-réactionnaires Salvini et Orban deviennent, à la faveur d’une abstention élevée, la principale force dans leurs pays respectifs, il n’existe plus de parti qui puisse revendiquer de représenter les intérêts des travailleurs. 

La montée des mouvements extrémistes de droite nationalistes, fachistoïdes, n’est en aucune façon homogène. En Allemagne, l’AfD (Alternative pour l’Allemagne ») gagne des voix aux élections européennes, mais demeure en comparaison « faible » dans les scrutins communaux et régionaux. Une étude aboutit au résultat suivant : « Aux élections européennes c’est chez les ouvriers, les chômeurs ainsi que les mécontents de la situation économique que l’AfD obtient le plus grand soutien. » Et elle ajoute : « Il s’agit d’un vote de protestation. » Comment en arrive-t-on là, comment surgissent l’AfD, le « Rassemblement national » et autres mouvements de ce type ? Sans aucun doute c’est le refus permanent des directions des organisations du mouvement ouvrier et des partis de « gauche » de rompre avec les institutions européennes imposant leur diktat au seul profit du capital, qui fait le lit de ces démagogues et réactionnaires. Ils remplissent les caisses de leurs partis par les élections et la participation au «Parlement», et n’ont aucun scrupule à faire mine de s’opposer au cours suivi par l’Union européenne. 

Les travailleurs et la jeunesse d’Europe ne disposent actuellement pas de l’instrument permettant, aujourd’hui, sur le terrain des élections, l’expression de leur volonté unie, à travers une liste commune de partis en rupture avec le diktat de l’Union européenne et de ses institutions. D’autant plus indispensable est le travail collectif du « Comité de liaison européen contre la privatisation, la déréglementation et la précarité » rejetant cette Europe et ouvrant la perspective d’unité : pour une Europe de la fusion des conquêtes des travailleurs au plus haut niveau atteint dans les domaines respectifs, pour une Europe de l’indépendance des organisations ouvrières, pour une Europe unie et fraternelle des travailleuses et travailleurs et de la démocratie, libérée de l’exploitation. 