COVID-19 : pour une enquête ouvrière internationale

Dans le monde entier – bien que sous des formes différentes – les travailleurs et leurs organisations sont confrontés à des problèmes concernant la pandémie, ses conséquences, les politiques gouvernementales et les positions prises par le mouvement ouvrier.

Nous ne cachons pas le fait que, sur la base des faits, nous voulons illustrer ce que nous n’avons cessé de dire dans tous les documents du COI : le régime capitaliste – fondé sur la propriété privée des moyens de production – mène la société tout entière vers l’abîme. La solution positive à la crise sans précédent que traverse l’humanité est entre les mains de la classe ouvrière.

Ce qui met en relief la question de l’indépendance du mouvement ouvrier par rapport à la classe capitaliste et aux gouvernements qui la servent.

Les résultats de cette enquête fourniront les matériaux pour préparer la deuxième conférence internationale contre la guerre et l’exploitation, pour une internationale ouvrière (que nous tiendrons en conformité avec nos engagements, lorsque les conditions de déplacements et de réunions seront revenues à la normale).

Afin de faciliter la circulation des documents (en anglais, français et espagnol) parmi les organisations, les groupes et les militants des 53 pays de toutes tendances qui ont lancé l’appel à la conférence, nous vous deman­dons de bien vouloir limiter vos contributions à 10 000 ou 20 000 signes (de 2 000 à 4 000 mots).

La conférence internationale contre la guerre et l’exploitation, pour l’Internationale ouvrière, se tiendra en 2021

À tous les correspondants du Comité ouvrier international
contre la guerre et l’exploitation, pour l’Internationale ouvrière
Aux militants ouvriers de toutes tendances du monde entier

2 octobre 2020

Chers camarades,

Le comité constitué à l’issue de la Conférence internationale contre la guerre, l’exploita­tion et le travail précaire qui s’est tenue à Mumbai en novembre 2016 s’est réuni le 2 octobre 2020.

Comme vous le savez, nous avions lancé un appel à une nouvelle conférence interna­tionale contre la guerre et l’exploitation, pour une Internationale ouvrière qui devait se tenir à Paris les 5 et 6 novembre 2020.

En lançant cet appel, nous déclarions que « la lutte des classes demeure la force motrice de l’histoire. Nous affirmons que le progrès de la civilisation humaine, de la paix et de la démocratie dépend en tout premier lieu de la capacité des exploités et des opprimés dans le monde entier à préserver l’indépendance de leurs organisations »

Depuis que cet appel a été lancé, plus de 300 syndicalistes et militants ouvriers des cinq continents l’ont contresigné. Aujourd’hui la nécessité de tenir une telle conférence est plus forte que jamais.

L’impuissance de tous les gouvernements capitalistes confrontés à la pandémie de Covid‑19 montre clairement l’incapacité du système capitaliste au plan mondial et dans chaque pays à préserver les exigences élémentaires de la civilisation. La façon dont la pandémie s’est répandue dans le monde entier, causant des centaines de milliers de morts, frappant violem­ment la majorité ouvrière de l’humanité et surtout les secteurs les plus vulnérables, constitue un acte d’accusation terrible contre ce système.

Partout, au lieu de mettre en œuvre les capacités techniques disponibles pour combattre l’épidémie, les classes exploiteuses l’ont au contraire mise à profit pour intensifier leurs attaques contre les conditions d’existence de la majorité de la population, ont développé le chômage à des niveaux sans précédent et s’en prennent brutalement aux conquêtes de la classe ouvrière, à ses organisations et ses droits pour les détruire. Dans le même temps, la menace d’une guerre généralisée est plus forte qu’elle ne l’était lorsque nous avons lancé cet appel. Mais, précisément, à cause des besoins du système capitaliste, les conséquences de la pandémie créent une situation dans laquelle chaque continent – et dans une large mesure, chaque pays – est isolé et où les relations entre les travailleurs sont, de fait, soumises au confinement. Ces conditions rendent impossible la tenue d’une véritable conférence mondiale ouverte contre la guerre et l’exploitation, pour une internationale ouvrière, à la date initialement prévue.

Une telle conférence est trop importante pour prendre le risque d’en faire une conférence « croupion » où les participants seraient sélectionnés, de fait, par décision des différents gouvernements.

Mumbai 2016

Nous n’avons donc d’autre choix que de reporter cette conférence à une date qui sera décidée ultérieurement, au cours de l’année 2021.

Nous proposons – même s’il n’est pas actuellement possible de fixer précisément une nouvelle date pour la tenue de la conférence internationale – que la préparation de la confé­rence entre immédiatement dans une phase plus active.

Nous vous proposons d’organiser au niveau international une vaste enquête ouvrière. Elle permettra de rassembler les faits qui accusent le régime capitaliste en faillite et sera un appel au combat pour l’indépendance du mouvement ouvrier, pour en finir avec la société d’exploitation.

Salutations solidaires

Le comité de suivi du Comité ouvrier international contre la guerre et l’exploitation, pour l’Internationale ouvrière, constitué lors de la Conférence de Mumbai (novembre 2016)

Le bureau de la conférence internationale de Mumbai contre la guerre et l’exploitation, pour l’Internationale ouvrière (Mumbai 2016)