COMMUNIQUÉ DU POID Au lendemain des élections européennes du 26 mai « La seule unité qui a du sens, c’est l’unité pour la défense des intérêts des travailleurs, dans et par leur lutte de classe »

Ce 26 mai, une majorité des électeurs inscrits (plus de 52 %) s’est abstenue ou a émis un vote blanc ou nul. Ce refus majoritaire – dans une proportion certes moindre que ne l’annonçaient les sondages – est accentué dans les quartiers ouvriers et populaires : plus de 60 % en Seine-Saint-Denis, plus de 70 % dans plusieurs villes ouvrières du Rhône, près de 80 % au Val-Fourré dans les Yvelines, 85 % dans certains bureaux de vote du quartier du Mirail à Toulouse ! Et cela sans compter les exclus du vote : des millions d’électeurs non inscrits et de travailleurs « non européens », tout à fait acceptables pour être exploités, mais pas assez pour voter.

C’est un « non » clair et massif à l’Union européenne et à Macron, dont la liste est rejetée par près de 9 électeurs inscrits sur 10 (89,3 %). Du point de vue de la démocratie, Macron et sa politique, plus illégitimes que jamais, devraient être chassés ! 

Mais qui va chasser Macron, et comment ? 

Le résultat du Rassemblement national inquiète, à juste titre. Certes, il perd 2,5 millions des 7,7 millions de voix obtenues par Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle il y a deux ans, mais perdant moins que les autres partis, il reste en tête. 

Question: ceux qui, depuis des mois, issus notamment des partis de « gauche » répètent à l’envi qu’il n’y a plus ni gauche ni droite, et qu’il faut renoncer à toute analyse en termes de classe ; ceux qui nous invitent à ne plus opposer travailleurs et patrons, et à communier sous un même drapeau tricolore aux accents de La Marseillaise ; ceux qui répètent matin et soir que le syndicalisme ouvrier est devenu inutile ; ceux pour qui les problèmes du pouvoir d’achat ou de l’environnement n’ont rien à voir avec la lutte de classe ; ceux-là n’ont-ils pas alimenté les résultats du RN dont c’est depuis toujours le discours (Le Pen l’a répété dimanche soir) ? N’ont-ils pas, aussi, sur un autre plan, nourri le résultat des Verts qui prétendent traiter des questions climatiques et de l’environnement au-dessus et indépendamment des classes sociales ? Il ne faut pas chercher ailleurs la source des confusions qui dominent toute la situation. 

Quant aux appels à l’union de la gauche… 

… lancés dès dimanche soir par les dirigeants de différents partis, de quoi s’agit-il ? De reconstituer les alliances politiques qui ont vu les gouvernements Jospin puis Hollande mener une politique en tout point comparable aux gouvernements de droite, de se préparer à substituer demain des « privatisations de gauche » à des « privatisations de droite », des lois El Khomri aux ordonnances Macron ? Cela, les travailleurs n’en veulent plus. Ils l’ont vécu et c’est d’ailleurs ce qui a ouvert la voie à l’effondrement de ces partis et à l’élection de Macron et à sa politique désastreuse. 

La seule unité qui a du sens, c’est l’unité pour la défense des intérêts des travailleurs, dans et par leur lutte de classe. Au lendemain des élections, le journal Le Figaro s’inquiète de la capacité du gouvernement à mener jusqu’au bout la contre-réforme des retraites, et il a raison. Depuis des mois, la politique de Macron, rejetée dans tous les domaines, nourrit les grèves qui se multiplient à La Poste, dans les hôpitaux, les écoles, etc., et mettent à l’ordre du jour la centralisation, la généralisation du combat dans la grève générale unie pour balayer Macron et sa politique. 

Les plus grandes luttes de classe sont à l’ordre du jour pour mettre en échec l’attaque contre les retraites, mais aussi les réformes Blanquer sur l’école, la remise en cause du statut de la fonction publique, les suppressions des services publics dans tous les domaines. 

N’en déplaise aux uns et aux autres, c’est bien de lutte des classes qu’il s’agit. D’un côté, les intérêts de la classe capitaliste qui dicte sa loi à l’Union européenne et au gouvernement ; de l’autre, les intérêts de la classe ouvrière qui porte sur ses épaules la défense de tous les éléments de conquêtes sociales et démocratiques et de civilisation. 

Les travailleurs ne peuvent renoncer à s’organiser par eux-mêmes sur leur terrain, avec leurs méthodes de lutte de classe, la grève, les comités de grève, les assemblées générales souveraines, les délégués. Ils ne peuvent renoncer à disposer de syndicats préservés et renforcés comme instruments du combat indépendant pour les revendications. 

C’est pourquoi, pour notre part, nous nous sommes engagés dans la construction d’un parti ouvrier, un parti qui ne craint pas de revendiquer la couleur rouge de son drapeau, parce qu’il combat pour l’Assemblée constituante et pour un gouvernement ouvrier rompant avec les institutions de la Ve République et de l’Union européenne. 

Que propose le Parti ouvrier indépendant démocratique (POID) pour aider à l’unité des travailleurs et des organisations contre le gouvernement et la classe capitaliste ? 

Nous nous en expliquerons le 15 juin, dans un meeting auquel nous invitons travailleurs, jeunes et militants à participer. 

Dehors Macron et sa politique ! 

Meeting du POID, 

le samedi 15 juin 2019, à 14 heures 

Palais des Congrès Paris-Est, 128, rue de Paris, 93100 Montreuil Métro Robespierre (ligne 9, sortie rue Barbès) 

➔ Demandez le PROJET DE PROGRAMME D’ACTION POLITIQUE POUR LA CLASSE OUVRIÈRE, adopté par le IIIᵉ Congrès du POID.